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Dear Lloyd,
This is a French speaking forum but I am quite confident that the webmaster will forgive me for this exception. There are lots of nice people here and I wanted to share with them the gift you, Noreen and John gave me while I was in Toronto. I did not want to do so without first saying a few words to you though.
The reason why I bought my very first old radio was because it was a beautiful object obviously made by highly gifted craftsmen belonging to a time gone by.
When I have been brave enough to open it, I smelled for the first time an odor (should I say perfume) that I will never forget. I had no idea the old little mahogany cabinet gracefully varnished would change my life to that extend.
Some day I got that crazy idea that that such a simple radio would most probably still play if appropriate care was given to it. Not knowing what it would take bringing it back to life, I left it as it was, sadly sitting on a shelf. That was its purpose when I bought it after all…
After a while I realized that there were other mad people like me around the world. Some even knew exactly what to do in order to have that thing singing again.
As my radio was an American farm set (Westinghouse Aeriola Jr), I searched the Net and found someone in the USA who could eventually help. The reply arrived only minutes after I had posted my request.
I still have this mail… That great person was happy to hear from someone who actually wanted to play his radio. That first mail has been followed by many, many, many others since then. When we got to know each other better, he told me why he collected radios. As a retired engineer he was interested in the knowledge of the technicians of the era. I was myself more interested on the storm that radio broadcasting had brought to the world in the early 20’s, how it hit rural areas and cities, brought education to isolated people, helped developing businesses, reduced distances dramatically, how it basically changed lives by linking people together.
And it changed mine too by the way. One of my greatest benefits is that the American collector I mentioned is one of my closest friends today. Because of him I got to learn a lot about radio history of course but also about the USA and its people. Then I made whatever was necessary to change my professional life in order to eventually be located there for a rather extended period of time. That way I could meet my friend in person, know his country, get back often and plan new visits in the near future. And it is also because of the Canadian version of an American radio that I had contacted you, Lloyd.
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The outcome is that I finally met you in person, together with probably among the nicest persons I met so far: Noreen and John.
No doubt about Noreen, any person who likes chocolate must be an outstanding individual anyway… What a great lady! It will take some time before my wife calls my old radios “my babies”. And what could I say about John’s devastating sense of humor…
I hardly know you guys but the very next day I already missed you all.
Yes, as I stated before, my little Aeriola like other radios of the era was made to link people. That was 85 years ago though. Amazingly enough it still does. How wonderful is that? The miracle keeps going on. By the way, 85 years is also your age. That is quite a symbol. And it makes me think how young the Aeriola is…
Again I thank you all for those privileged moments you offered me that Sunday. I will keep the exclusive part for myself and try to share a bit of your kindness and generosity with my radio friends here. Now when I look at my very few Canadian radios they mean something new to me. Thank you also for that.
Yours truly,
George
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Je devais avoir six ans ou sept ans, une femme se tenait derrière les rideaux de dentelle. C’était l’été, il faisait chaud et nous avions très peur ...
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Je me rase hâtivement constatant ce faisant que le visage que reflète le miroir a le regard sinon absent, du moins lointain. Peut-être l’un des effets du temps automnal.
Déjà sept heures. Je m’active. Il faut que je file à l’aéroport. Saut de puce jusqu’à Amsterdam, suivront ensuite les contraignants contrôles de sécurité avant d’embarquer pour Toronto. Je me fais une vaine recommandation : essayer de dormir dans l’avion. Comme d’habitude je n’y parviendrai pas et arriverai fatigué. Je constituerai immanquablement le principal dégât collatéral de la bataille des horloges. D’un côté celle qui se trouvera sur la table basse à côté du lit, indiquant trois heures du matin et de l’autre la mienne, intérieure et biologique qui ne voudra rien entendre et s’obstinera à me pousser hors du lit car pour elle il sera déjà neuf heures… Lorsque je m’éveillerai au beau milieu de nuit, pendant quelques secondes je serai comme en flottement, me demandant dans quel hôtel je me trouve et surtout dans quelle ville. J’ai cette hantise de m’éveiller un jour et ne pas pouvoir me rappeler… L’oubli intégral. On ne vit dit-on qu’au présent et on va vers l’avenir. Pourquoi alors ai-je l’impression qu’il n’y a pas d’avenir sans souvenirs ?
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Mes rapports avec le Canada sont principalement professionnels mais m’y rendre n’a rien de contraignant. Cette fois je y vais seul ; en dehors du travail je disposerai donc de mon temps à ma guise. L’autre lien que j’entretiens avec ce pays est matérialisé par quelques radios acquises sur des coups de cœur successifs.
Il y a quelques temps j’avais eu l’occasion, ici même, de vous raconter par le détail les tribulations d’une radio Canadienne dans laquelle une souris avait cru bon d’élire domicile. Force est de constater que les vicissitudes de la vie de rongeur rendent leurs destinées aussi incertaines que les nôtres puisque la malheureuse bestiole n’occupa jamais le nid douillet qu’elle s’était aménagé, ni n’entama les provisions entassées avec une prévoyance louable. A en juger par la propreté des lieux nulle progéniture ne vit le jour ce qui inévitablement eût occasionné d’irrémédiables dégâts, vous savez comment sont les enfants, et eût conséquent ruiné à jamais le vénérable et fragile appareil. Les fils coupés lors de l’installation de la locataire étaient les seuls dommages occasionnés et, soulagé, je jurai qu’en signe de reconnaissance je serais désormais bienveillant vis-à-vis des représentants des souris, classe des mammifères, ordre des rongeurs, famille des muridés. Je formai même le vœu secret que la désertion soudaine de l’animal fut consécutive à une expropriation précipitée plutôt qu’au vorace appétit d’un chat Canadien. Je me suis résigné entre-temps à ne jamais connaître le dénouement de cette tragédie et à passer le reste de mon existence dans le doute.
Mon intérêt pour les radios Canadiennes était antérieur à cet épisode et avait été encouragé par la gentillesse et le savoir des amateurs que j’avais contacté lors de l’acquisition précédente d’une radio un peu mystérieuse. L’un d’eux me recommanda la lecture d’un livre dont les prémices n’avaient été que la tentative de l’auteur de dresser la liste de toutes les radios produites au Canada. C’est au fur et à mesure de l’amoncellement de la documentation que l’idée de la publication s’était imposée à lui. Il n’est pas un précurseur en la matière et je pense même qu’un facteur décisif qui l’a poussé à franchir le pas a certainement été l’accueil enthousiaste réservé à l’ouvrage d’Alan Douglas par la communauté des collectionneurs US. Ce recueil des principaux constructeurs Américains avait connu un succès qui ne s’est jamais démenti puisque l’ouvrage en trois volumes, bible de tout collectionneur ou simple curieux des média, vient d’être réédité. Ses recherches ne couvraient pas le Canada, ce que l’on peut aisément comprendre si l’on songe à la matière pléthorique déjà traitée pour les seuls Etats Unis.
Rassembler la documentation concernant la radio au Canada représente en outre un défi supplémentaire. Ce pays ne reconnaît pas volontiers ses propres mérites. Ni les entreprises ni les journaux n’ont conservé les archives qui auraient permis de mieux retracer l’histoire de la radio des pionniers. Il devenait pressant que quelqu’un s’attelât à ce travail. Un seul homme pouvait le faire: Lloyd Swackhammer.
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Comme je l’avais déjà raconté, j’avais eu l’occasion d’écrire à ce Monsieur et le privilège de recevoir une réponse qui prouvait que l’érudition peut parfois s’accompagner de beaucoup de courtoisie. S’en sont suivi quelques échanges, rares mais d’autant plus précieux que je lui en laissai toujours l’initiative.
Au profond respect de mes premières réponses le temps avait ajouté une pointe d’amicale sympathie. Je m’efforçai dans la mesure de mes possibilités d’accorder mon Anglais au verbe poli et avenant de mon correspondant, agrémentant comme il le faisait lui-même chacun de mes messages d’une photo en rapport de près ou de loin avec nos propos. A en juger par ce qu’il m’écrivait, les quatre-vingt-cinq printemps de Monsieur Swackhammer n’ont pas le moins du monde entamé la verve ni un subtil sens de l’humour que j’avais trouvé délicieusement Britannique.
Le sachant auteur d’un livre que j’avais eu entre les mains et dont j’avais apprécié la démarche forçait mon respect.
Enfant je considérais les livres comme des objets mystérieux. J’étais persuadé qu’ils n’existaient qu’en un seul exemplaire. Ceux que nous possédions à la maison pouvaient se compter sur les doigts d’une seule main. Il y avait d’abord un vétuste livre de morale. C’était à vrai dire un livre d’images. Chaque historiette illustrée sur une ou deux pages faisait la distinction entre le bien et le mal. C’était d’une simplicité déconcertante. Blanc ou noir, bon ou mauvais, droit ou tortueux. Pas de compromis ni de nuances. Quelle fumisterie !
Il y avait ensuite le gros livre de français que mon père avait acheté en Grèce pour préparer son exode en Belgique. Une épaisse couverture brune pour quelques centaines de pages de civilités convenues. Je me souviens fort bien des illustrations.
« Bonjour docteur, nous ferez-vous le plaisir de dîner à la maison ?
Il devait être bien avancé mon père pour tenir une conversation avec des mineurs de fond ou des maçons.
Il y eut ensuite les rébarbatifs livres d’école bien sûr. Ils démythifièrent définitivement l’objet « livre » puisque nous étions visiblement des dizaines à posséder le même. Certains commettaient même le sacrilège de les abîmer sans que l’excommunication ne vienne frapper le coupable. Le livre constituait malgré tout l’attribut de l’omniscient instituteur, ce qui prouvait définitivement qu’il constituait l’instrument du savoir par excellence. La prise de conscience que ces monuments de science avaient des auteurs me conforta dans la certitude qu’un écrivain devait être la personne la plus docte du monde. Désacralisation du livre donc mais idéalisation de l’auteur.
J’ai mûri bien sûr et je sais maintenant qu’il n’y a pas de Dieu humain. Lorsqu’il est honorable, l’auteur d’un livre a tout au plus une position privilégiée. Si l’objet de son ouvrage constitue aussi une passion pour d’innombrables lecteurs, alors il est celui qui garanti le flux harmonieux de la rivière. Que la transmission du savoir s’arrête et c’est un barrage que s’érige…
Voilà sans doute pourquoi j’accordais à ma correspondance avec Lloyd Swackhammer un caractère un peu particulier.
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Lloyd Swackhammer a baigné dans la radio depuis toujours. Il raconte volontiers qu’il se revoit en culottes courtes bricolant des récepteurs à galène. Cela n’a rien d’exceptionnel puisque c’était l’un des passe-temps favoris des jeunes garçons dans les années 20.
Dans l’école qu’il fréquentait à Guelph, sa vile natale dans l’Ontario, il fit une rencontre qui allait se révéler déterminante pour le reste de sa vie. Fred Hammond fréquentait la même école que lui dans leur petite localité. L’amitié entre les deux garçons d’abord, hommes ensuite, ne s’interrompit qu’à la mort de Fred en 1999
Je reviendrai à lui plus tard car sans lui ce qui va suivre n’aurait jamais été.
Il n’était pas simple à cette époque de préparer une carrière sérieuse dans la radio au Canada. Lloyd Swackhammer dut s’inscrire à des cours par correspondance en radio et télévision. Ils étaient dispensés par le très célèbre National Radio Institute de Washington D.C aux Etats-Unis.
Son diplôme lui permit de s’installer comme réparateur indépendant au service de concessionnaires locaux. Il débuta cette activité en 1937 pour n’y mettre fin qu’au début de la guerre. Il s’engagea alors dans la Royal Canadian Airforce jusqu’en 1945.
Il ne choisit pas la force aérienne sans raison. Son père avait lui-même été dans cette arme en 1914 et ensuite en 1941. Belle constance… Lloyd fut volontaire pour être transféré en Grande Bretagne afin d’assurer la maintenance de l’équipement HF et VHF à bord des bombardiers Halifax et Lancaster. A la fin de la guerre il fut rapatrié au Canada pour suive une formation qui lui aurait permis de rejoindre les troupes du Pacifique. L’armistice fut signée juste avant son départ.
Suivit une période moins tumultueuse de vingt années pendant lesquelles géra sa propre entreprise de réparation en radio et télévision avant d’être appelé à enseigner l’électricité et l’électronique jusqu’à sa retraite en 1986.
Son intérêt pour les radios et leur histoire n’a ni début ni fin. Il prit de multiples chemins pour communiquer sa passion et son enthousiasme. Il assura notamment pendant de nombreuses années la présidence d’un club de radios anciennes. Il n’allait rejoindre les rangs des radioamateurs qu’assez tardivement. En 1990 (VEIIA), sans doute sous les encouragements de Fred Hammond, son ami de toujours, et lui-même radioamateur de réputation mondiale (VE3HC), Lloyd se jeta à l’assaut des ondes.
Côté radio, sa collection est constituée de quelques 800 appareils rassemblés de manière cohérente et éminemment intelligente. Un seul moteur à sa démarche : l’obsession que la connaissance diminue chaque jour par la seule disparition de ceux dont les informations pourraient combler les vides du puzzle. Et il faut admettre que l’histoire de la radio Canadienne en est un. C’est parce qu’il veut gagner cette course contre l’oubli que Lloyd s’évertue à transformer chaque collectionneur en historien amateur pour l’intérêt de tous.
Un rapport datant de 1929 indique que sur les 185000 récepteurs vendus dans le pays, 69000 étaient de production Canadienne. C’est considérable si l’on tient compte de la vitalité effrénée du secteur au Etats-Unis tout proches. Ce ratio va même encore pencher davantage du côté Canadien lorsque les entreprises Américaines abandonneront le marché lors de la grande dépression.
Je reviens…
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Je me confiai volontiers lorsque je fus interrogé à mon tour sur les origines de mon intérêt pour la radio.
J’avais expliqué que je ne pensais pas qu’il fut heureux de parler de passion s’agissant de collection. Une passion est une faiblesse passagère. Faiblesse parce que c’est elle qui vous maîtrise et passagère parce qu’on l’épuise, se tiédit comme une mauvaise fièvre et vous lâche enfin. Non, pour des radios, n’étant pas assez âgé pour parler de nostalgie, je préfère avoir de l’intérêt. C’est un plaisir gérable qui de plus vous soutient lorsque vous avez besoin de vous retrancher dans un jardin secret. Et ce jardin-là foisonne de couleurs et senteurs qui vous enveloppent joliment l’âme.
La passion je la réserve pour les choses qui ne s’accommodent pas de la fade tiédeur d’un simple intérêt. On ne décide pas de faire sa vie avec quelqu’un qui simplement vous intéresse. On ne confie pas une petite boîte à quelqu’un en lui disant « garde-moi ça mon pote, c’est ma vie, je repasse la prendre demain », sans ressentir autre chose qu’une vague confiance pour cette personne. La passion c’est quand on fait les choses qui ne passent pas par la raison. Je doute que la chimie du carbone arrive jamais à expliquer complètement la passion. Il y a certainement autre chose pour tout ce qui est transcendant.
A la faveur du ton moins formel que prenaient nos échanges, j’avais glissé dans la conversation que j’avais eu l’occasion dans le cadre de mon travail de visiter Toronto et ses environs. Monsieur Swackhammer m’avait alors très gentiment reproché de ne pas l’avoir prévenu de mon passage. Il aurait souhaité, m’avait-il assuré, une entrevue. Je mis tout cela sur le compte de l’obligeance la plus délicate de mon correspondant. En tant que spécialiste universellement reconnu dans sons domaine je supposais qu’il devait être extrêmement sollicité et ne voulais pas ajouter à ses obligations. Quelques mois s’écoulèrent avant qu’il ne me demande si j’envisageais un nouveau voyage. Je pris cette question comme le signe de sa touchante sincérité.
Il suffit de le vouloir. Je fis donc en sorte que l’urgence d’un tel voyage s’impose.
Lorsque je lui en fis part il m’envoya un message me demandant instamment de libérer quelques heures afin de nous rencontrer. J’étais comblé. Lloyd allait me montrer sa collection dont une partie figure au Musée Hammond de la Radio.
Certaines sont d’une rareté extrême, quelques unes sont même les seuls exemplaires connus.
Après avoir consulté mon emploi du temps sur le sol Canadien je vérifiai les horaires d’ouverture du Musée. C’est à ce moment que je fut pris de sueurs froides : le Musée n’était ouvert qu’en dehors des week-ends et ceci à des heures désespérément incompatibles avec mes horaires professionnels. Je compris qu’en en dehors des horaires officiels et sur demande spéciale le Musée pouvait accueillir des groupes mais jusqu’à preuve du contraire je n’en étais pas un. La mort dans l’âme j’annonçai à Lloyd que je le verrai avec une joie immense mais qu’il fallait renoncer à ma visite privée du musée car je ne pouvais me libérer en semaine… Renoncer ? Pas question. Il ferait ouvrir le Musée le dimanche. Noreen, la conservatrice, se déplacerait spécialement pour cela. Il était même possible qu’elle se joigne à nous. Là où il y a une volonté il y a un chemin…
A bientôt pour la suite
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Agapaï para poli , kataplictiko , aderfos mou ! ,
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 11-11-2006 à 21:55 |
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Comment Georges fait il pour avoir toujours le mot ou l'expression juste, et comment arrive t il à me faire vibrer à chaque fois avec ses histoires et sa manière de les raconter ?
Mystère ...
ou magie ?
En tous les cas, il serait de bon ton que le Georgeounnet se remette au clavier pour nous balancer le reste de la saga : je me pâme ...
JL
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Souvenez-vous, Fred Hammond, l’éternel ami et complice de Lloyd.
Le musée est son oeuvre et ce n’est pas un hasard. Fred s’était mis à collectionner les radios anciennes à l’âge de 16 ans.
Lorsque l’entreprise familiale, la Hammond Factory Company édifia une nouvelle usine à Guelph dans les années 70, Fred s’assura qu’un espace confortable serait alloué à sa collection pour enfin pouvoir la partager avec le public. Les affaires prospérant, une nouvelle unité de production vit le jour récemment et Fred, fidèle à lui-même, programma l’emménagement du Musée tel que nous le connaissons actuellement.
Fred n’était pas l’un de ces fortunés collectionneurs pour qui acquérir une pièce signifiait simplement signer un chèque. Il a passé un nombre d’heures incalculable à vernir, réparer, compléter chaque radio en exposition. Pas une ne devait être montrée au public si elle n’était pas en ordre de fonctionnement. C’est sans doute cela aussi qui place ce musée dans les premiers rangs sur l’échelle mondiale.
L’agencement des radios encore de rigueur aujourd’hui a été décidé par lui.
Au dire de ceux qui l’ont approché il avait un oeil infaillible pour déceler la moindre anomalie. La collection était un aspect certes important de sa vie mais sa grande passion allait au radio amateurisme. Son indicatif, VE3HC était parmi les plus connus au monde.
Il avait commencé à construire des radios en 1923, âgé alors de 11 ans. Il devint radio amateur en 1929. Inutile de dire qu’il peut être considéré comme l’un des pionniers de la discipline dans son pays. Je me suis laissé dire un esprit particulier anime les radio amateurs. J’ai du mal à imaginer que Fred n’en fût pas l’un des plus flamboyants exemples. Ce que je sais de source très sûre c’est que ceux qui l’approchaient lui reconnaissaient honorabilité, patience et compétence.
On rapporte que sa contribution au développement du hobby est essentielle et que sa générosité, sans doute facilitée par de gros moyens, légendaire.
Son seul défaut était de ne pas être capable de refuser, c’était dans sa nature.
Il ignorait la signification du mot « un ». L’un de ses amis, membre de son club racontait qu’il fallait lui répéter, « non, Fred, je t’ai demandé de me dépanner d’une pièce, une seule. Rien n’y faisait. Il arrivait toujours avec deux exemplaires. Lorsqu’on l’interrogeait sur cette manie il haussait les épaules et répondait que cela lui éviterait d’avoir à y repenser … Il avait une lueur étrange dans le regard. Ses amis admettent qu’à de maintes occasions il avait vu juste et que très tôt une pièce supplémentaire se révélait indispensable. »
Il n’était pas curieux du tout de gastronomie. Lorsqu’il avait dégoté un produit qu’il appréciait il s’y tenait. Ainsi, tous les ans, entre la fin août et le début septembre, il parcourait plus de 3400 kilomètres pour aller chercher son miel favori.
En 1983, avec l’un de ses amis, il fut invité en Chine pour installer une station de radio amateur à Pékin. C’était l’aboutissement d’un projet de dix années pour remettre la Chine sur les ondes. Il n’y avait eu aucune activité de ce type depuis 1948.
Fred n’était pas un voyageur dans l’âme. Cela explique sans doute qu’en acceptant l’invitation du gouvernement Chinois il plongea son entourage dans un océan de perplexité. Comment ferait-il en effet pour s’adapter aux habitudes alimentaires locales ?
Fred n’était pas homme à se laisser déstabiliser par des détails. Il prévu donc une petite valise pour ses vêtements et une seconde, beaucoup plus grande, qu’il bourra de corn flakes, biscuits en tous genres, un vaste assortiment de barres chocolatées, et, last but not least, de Coca-Cola. Un sacré menu ! On n’est pas obligé d’imaginer qu’il a utilisé le Coke avec les corn flakes…
Fred est maintenant passé « Silent Key », c’est ainsi que vous dites pudiquement, vous dans la grande famille des radio amateurs, non ?
On peut se demander là où il est qui il est en train d’aider. Moi sans doute. Moi qui m’intéresse un peu à un musée que le hasard a jeté au travers de ma route, musée qui porte un nom, celui d’un homme dont la découverte me fait regretter de ne pas l’avoir connu en personne. Je sens d’autant plus l’urgence de connaître quelques uns de mes contemporains.
En ce qui me concerne je vous ai reçu cinq sur cinq. Monsieur Fred Hammond…
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Comme bon nombre de collectionneurs, Fred n’avait pas jugé utile de répertorier les appareils accumulés au fil des décennies. Il a donc décidé de réparer cette négligence à la faveur de cet ultime déménagement. Bien entendu, ses charges de chef de l’une des entreprises les plus prospères et dynamiques du Canada ne lui permettaient pas de s’atteler à cette tâche lui-même. Il n’eût pas à chercher longtemps ni loin. Sa comptable Noreen avait toute la confiance et la méticulosité voulue pour asservir le chaos à sa méthode. Elle connaissait bien Fred et avait appris à travailler de manière autonome avec un minimum direction. Son seul handicap est qu’elle ne connaissait rien aux radios. Ni leur histoire, ni leur valeur, encore moins leur fonctionnement intime. Noreen ne savait rien de tout cela mais elle avait un profond respect pour son patron et le fait qu’elle ait été choisie pour organiser ce qu’il avait de plus cher a dû constituer le plus beau des compliments.
Depuis cette époque, les radios, Noreen elle a appris à les connaître et les apprécier. «They are my babies» m’a-t-elle confié. Le Musée abrite aujourd’hui des centaines d’émetteurs et récepteurs dont les plus anciens remontent à l’ère de l’étincelle. C’est la passion d’un Fred Hammond, la contribution d’hommes tels que lloyd Swackhammer et les attentions quasi maternelles de Noreen, désormais conservatrice du musée, ainsi que les milliers d’heures de travail des bénévoles qui en font ce qu’il est, l’un des plus en vue et des plus actifs en Amérique du Nord et certainement au monde.
Mais comment évoquer la genèse d’un musée sans survoler l’entreprise à l’abri de laquelle il a pu naître, croître et embellir? Toutes deux sont le résultat d’une même vision obstinée, de l’excellence au service d’un objectif, fût-il commercial ou culturel.
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En 1917, alors que la première guerre mondiale envoyait des millions d’hommes à la boucherie, le père de Fred, Oliver S. Hammond, petit artisan, établit un minuscule atelier dans sa cave pour y produire des outils, L’embryon d’entreprise nourrit tant bien que mal la famille qui s’agrandit. Le « Son » de Hammond & Son va se décliner au pluriel puisque d’autres fils viennent rejoindre Fred.
Ses jeunes frères, Len, Ron, et Ken font désormais partie de la dynastie. Un premier véritable mais modeste atelier, une dizaine de mères sur sept, va être construit à l’arrière de la maison familiale. Pas d’électricité. Une machine à vapeur va fournir l’énergie nécessaire aux machines. La vapeur, la force humaine, les lanternes et la lumière du jour, voilà ce qu’il a fallu mettre en œuvre pour faire naître une entreprise aujourd'hui active sur plusieurs continents.
En 1920, alors que la vaque des stations de radio submerge les Etats-Unis, Oliver décide de produire un récepteur mono tube. Encouragé par le petit succès dans le voisinage on met en chantier un appareil à cinq et ensuite à six tubes en 1926. Des trois exemplaires qui subsistent, un récepteur produit entre 1923 et 1924 à cinq lampes est le seul visible au musée. Ce dénuement en ce qui concerne ces appareils des origines constitue une situation paradoxale, sachant que le fils du créateur fut un collectionneur précoce…
1926 fut une année funeste dans l’histoire de la radio en général et pour Hammond en particulier. La guerre sanglante des brevets contraignit l’entreprise à cesser toute production de récepteurs. Heureusement, elle rebondit en construisant des transformateurs pour amplificateurs qui constituent encore aujourd’hui, 75 années plus tard, l’une de ses activités principales. Les boîtiers métalliques et les alimentations venaient étoffer une offre qui en avait bien besoin.
Ce savoir-faire s’exprimera encore lorsqu’il fallu produire des composants destinés aux communications ou à ces radars qui jouèrent le rôle que l’on sait lors du deuxième confit mondial.
Les années 50 verront la confirmation de l’expertise acquise par l’entreprise dans les secteurs de la défense, la télévision, dans les transmissions radiophoniques et même et dans le radio amateurisme cher à Fred.
Les années 60 et 70 ont été placées sous le signe de la prospérité. L’excellence des produits va propulser l’entreprise en-dehors du marché Canadien.
En 78 se met en place la troisième génération des Hammond à la tête de la maison. Elle sera scindée en trois sociétés se partageant les trois secteurs d’activité : les transformateurs, boîtiers et alimentations. Cette gestion moderne donnera à Hammond la souplesse et la réactivité voulues pour être portée à la cotation en bourse en 1986.
1999 sera l’année la plus noire sur un plan humain. Fred et son frère Roy disparaîtront tous les deux.
Aujourd’hui les différentes entités cumulent un chiffre d’affaires de $166 millions, comptent plus de 1200 employés oeuvrant dans 12 localisations en Amérique du Nord, en Grande Bretagne et en Australie. C’est un sacré chemin pour un semblant d’atelier installé dans une cave il y a 90 ans.
Si je tiens à vous raconter tout cela c’est parce que ce petit bijoux qu’est le Musée Hammond de la Radio n’existerait pas sans cet élan créatif dans le monde concurrentiel de l’industrie. Il n’y a pas que le bien ou le mal, l’obscurité et la lumière, l’argent ou la passion… Une fois de plus, tout est dans tout et vice-versa.
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C’est samedi. Je suis arrivé à Toronto hier soir. Comme je l’avais redouté il est 3 heures du matin et je n’ai plus sommeil. Il est vrai que cette fichue horloge biologique remontée à fond indique 9 heures. Tant pis je me lève et relis le mail de Monsieur Swackhammer.
C’est est un homme méticuleux. Il ne laisse rien au hasard. Il m’envoie par mail le plan d’accès du musée, une estimation du temps pour y arriver, le numéro de téléphone de son domicile, celui de son téléphone portable et enfin celui du musée où il m’attendra à partir de 13h30, heure à la quelle Noreen interrompra son repos dominical pour satisfaire notre caprice… Il ajoute qu’il ne pourra répondre sur son téléphone portable entre 10h45 et 12h30 car il est inconvenant de le laisser allumé durant la messe. Entre la fin de celle-ci et l’arrivée de Noreen il m’attendra dans son van, devant le Musée…
C’est pour demain. Je vais temporiser un peu, prendre mon déjeuner au Starbucks d’en face et repartir dans la région de Niagara, sans accident cette fois. Dans la soirée manger quelque chose dans Greektown.
Pas une minute ne se passe sans que je ne songe à ma rencontre du lendemain. Ce n’est pas tant le musée qui me fait gamberger. J’aurais pu le visiter seul. C’est cet homme, Lloyd. J’en sais assez à son sujet pour savoir que quelle que soit l’issue de cette rencontre je ne serai pas déçu. Au pire il me dédicacera son livre et je m’en retournerai de mon côté. Mais moi, comment vais-je faire pour ne pas décevoir quelqu’un qui n’attend rien de moi ? Je passe ainsi le reste de la journée à répondre à des questions qui ne se posent pourtant pas.
Au téléphone je retrouve la voix délicieusement amicale de Marion qui une fois rassurée sur le bien-être de toute la famille me passe Joe.
Joe s’enquiert du confort de mon hôtel et da la puissance de mon véhicule. Très pragmatique, Joe. Son « Good !» sonore ponctue le fait qu’il soit rassuré sur tous ces points qui mystérieusement semblent ne pas trop émouvoir les dames. Il me parle de sa dernière restauration. Un haut-parleur dont il a remplacé le cône en papier disparu depuis très longtemps. Le son à l’en croire est particulièrement enrobé et doux, très différent de la tonalité métallique des cornets traditionnellement associés aux radios des années 20 que nous affectionnons lui et moi. Georges, me dit-il, ce n’est pas qu’il serait intéressant que tu en aies un, non, je dirais plutôt tu en as absolument besoin d’un. Il sait que j’utilise beaucoup mes radios et qu’une écoute plus agréable ne peut que me réjouir davantage. Le problème me dit-il c’est qu’ils ont trouvé le chemin du Japon qui en a fait des objets très convoités.
Joe est comme un père. Il lit dans mes pensées et sait lorsque quelque chose me préoccupe. J’ai une série de réunions la semaine prochaine et je sais que ce sera un peu tendu. Les uns demanderont la lune pour s’assurer d’obtenir au moins des montagnes et les autres me diront que c’est impossible, qu’il faudrait plus de ressources, de temps de moyens. Et mon travail est de concilier l’inconciliable. J’écarte la question professionnelle d’un revers de main car je ne veux pas polluer les trop rares moments passés avec Joe. Juste un conseil me dit-il. Ne leur demande jamais de quoi il ont besoin, demande-leur plutôt ce qu’ils veulent faire. Je promets…
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La nuit tombe sur Toronto et à l’inverse, le vent se lève… Poussée par les bourrasques, la pluie frappe violemment les fenêtres de ma chambre du 12eme étage. Je consulte la météo qui ne prévoit que des calamités pour le lendemain. De grâce, pas ça !
Guelph se trouve à quelque quatre-vingt kilomètres de Toronto. Une promenade.
A moins qu’il ne neige et que Lloyd n’annule l’entrevue, je ne suis pas résigné à subir les éléments. Au même moment arrive son mail qui me demande de ne pas m’en faire. Il suffit me dit-il de rouler prudemment. Il ajoute que l’équipe de hockey qu’il supporte vient de gagner le match mais que ce fut loin d’être facile. Je félicite… Je vais me coucher avec comme unique musique le son du vent qui s’est encore amplifié.
Au réveil je tourne le regard vers le ciel qui est parfaitement dégagé. Le vent, après l’avoir débarrassé des derniers nuages s’est quelque peu assagit. Un regain d’optimisme me fait sauter hors du lit alors qu’il n’est que six heures. C’est tôt pour un dimanche, mais est-ce un dimanche ordinaire?
Je me prépare et prends connaissances des nouvelles du monde. Au Starbucks voisin triple espresso et mes deux tranches de pumkin loaf qui sentent bon la cannelle me réchauffent le corps, et j’ose l’affirmer, l’esprit. Les journaux n’entament en rien ma bonne humeur retrouvée et ce n’est qu’après avoir baigné assez longtemps dans les senteurs de café que je me mets enfin en route pour Guelph.
Je suis saisi par le brusque changement du temps. J’ai l’impression que le simple fait d’avoir relâché ma vigilance lui a permis de me jouer ce vilain tour. Le ciel est plombé mais je ne vois pas en quoi cela peut modifier mes projets.
Le GPS m’indique avec précision l’heure prévue de mon arrivée au Musée. J’ai très largement le temps de faire un crochet par Guelph et me faire une idée même lapidaire du lieu. Lloyd y a vécu toute sa vie et rencontrer un homme dans sa ville natale est une chose qui m’intimide. On est inévitablement un intrus.
Après le vent et la pluie, la neige vient jouer les trouble-fête. Je ne me laisse pas démonter. Si elle veut m’impressionner il faudra qu’elle prenne un ticket et qu’elle fasse la queue. Aujourd’hui je ne vois pas ce qui peut m’arrêter. A force de prières les nuages se déchirent et le soleil reprend le dessus. Le vent reste piquant. Je suis à quelques centaines de mètres du musée. Un virage encore.
Le parking est absolument vide. Sauf un emplacement. C’est un van. A l’intérieur il y a un homme. Je m’approche doucement. Je le reconnais. C’est Lloyd Swackhammer.
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Je range ma voiture à côté de la sienne. Il tourne la tête dans ma direction, m’aperçoit et sort de son véhicule. Je l’imite et vais à sa rencontre. Je ne devrais pas l’avouer mais mon cœur bat beaucoup plus vite.
Il me saisit la main dans les siennes et m’accueille comme rarement je l’ai été. J’en oublie instantanément le vent et le froid pour ne plus ressentir qu’une grande émotion et toute la chaleur du Nord…
Nous restons ainsi un moment à discuter sur ce parking désert. Je ressens une émotion nouvelle. Une joie profonde enveloppée d’une légère brume de tristesse. Comme si pesait le poids du regret de ne pas avoir provoqué ce moment beaucoup plus tôt.
Nous nous surprenons à interrompre l’un et l’autre nos phrases respectives pour dire combien il est étrange de se rencontrer ainsi.
« Ne restons pas là » me dit-il, entrons dans mon van, nous y seront à l’abri en attendant Noreen. Elle va arriver… ». « J’ai les clés du musée me dit-il, ainsi que le code de l’alarme mais j’ai peur de me tromper » ajoute-t-il. « Et nous ne voulons pas finir en prison, n’est-ce pas Georges ?» me demande-t-il le plus sérieusement du monde. « Non Lloyd, pas en prison, pas aujourd’hui.». J’éclate de rire de bon cœur et il fait pareil. « Oh, boy, it’s good to see you George ! » Je suis confus, le regarde dans les yeux et me demande comment tout ceci est possible.
Moins de cinq minutes plus tard s’aligne à côté de nous une troisième voiture.
Noreen et John, son mari en sortent. Nous avons failli ne pas arriver dit Noreen, des problèmes de freins… Elle ouvre la porte du musée et désactive l’alarme. Elle me prie d’entrer à mon tour. La vision que je contemple par l’entrebâillement de la porte est sidérante et justifie à elle seule le voyage. A ce moment-là Noreen a dû nécessairement réaliser tout ce que ceci pouvait représenter à mes yeux.
Jusqu’alors elle ne m’avait considéré que comme l’invité de Lloyd. Devant ma très visible gratitude, je devenais aussi un peu le sien. Lloyd avait apporté un tapis rouge, Noreen le déroulait pour moi en me disant : «Bien, je vous laisse, j’ai des choses à faire dans le bureau mais je vous rejoindrai dans quelques moments. Bonne visite !»
Lloyd, lui dis-je, quoi qu’il arrive, ne parlez pas fort, ne faites pas de gestes brusques, ne me réveillez pas… Fallait-il que je sois heureux moi-même pour que Lloyd affiche ce sourire. Un sourire franc, cordial, loyal, non convenu et avec ce je ne sais quoi de rassurant. Une pointe de malice aussi sans laquelle il ne serait que gentil.
Pas l’un de ces sourires académiques passe-partout. En vain je me suis demandé qui ou quel évènement il me rappelait. Bien que je n’arrivais pas à m’en souvenir avec précision je savais que ce n’était ni récent ni même que ce fut celui d’un homme. Au bout d’un moment je n’y ai plus prêté attention, profitant pleinement de cette rencontre aussi surréaliste qu’improbable.
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Ce sourire, j’y suis maintenant. C’était celui d’une femme qui se tenait derrière des rideaux de dentelle. C’était l’été, il faisait chaud et nous avions très peur. Mais peut-être feignions- nous notre effroi. C’est loin maintenant mais cela me revient, elle s’appelait Julia. C’est du moins ainsi que l’appelaient les galopins du quartier. Une « macrale » comme on dit dans la région, ou une sorcière si vous préférez. C’est ce qui se disait. Mais lorsque j’y songe, je ne me souviens pas d’un seul adulte le disant. C’est nous qui le prétendions. Nous pensions que la petite vieille était inoffensive en temps ordinaire mais que la cour de sa maisonnette devait être l’antichambre de l’enfer. Nous en étions tellement persuadés que nos courtes jambes se transformaient en ailes lorsque le moindre mouvement dans la maison nous faisait déguerpir comme une nuée de moineaux craintifs. Nous l’observions lorsque d’un pas encore alerte elle ramenait un cabas plein d’ingrédients sans doute utiles à ses envoûtements. Mais peut-être n’étaient-ce que des provisions… Tout en cheminant elle parlait seule à haute voix. On ne comprenait rien à ses incantations mais sa voix était douce. On la disait tueuse de chats mais pour autant que je me souvienne les matous qui se frottaient contre ses jambes semblaient se délecter de la nourriture qu’elle laissait en abondance devant le muret de sa demeure. Comme c’est curieux, je n’avais plus jamais pensé à Julia. Elle vient d’émerger de quarante années de sédiments entassés dans ma mémoire.
Nous venions d’arriver en Belgique l’année précédente et je découvrais des mots nouveaux. Certains avaient en eux une consonance qui augurait des aventures sans fin. C’est peut-être parce qu’ils étaient prononcés à voix basse, sur le ton secret et du complot. Nous nous préparions à une expédition dont l’objet était le maraudage. Je n’avais aucune idée de ce que pouvait signifier « marauder » mais à en juger par l’excitation des autres il ne devait exister d’activité plus palpitante au monde. L’un ou l’autre vaurien avait dû s’apercevoir que je n’avais pas saisi le sens du mot et avait cru bon de m’expliquer que nous allions « chaparder ». Je n’étais pas plus avancé mais pour ne pas détonner je feignis à mon tour une très grande jubilation.
Je découvris très rapidement que tels les argonautes nous allions entamer un voyage non dépourvu de dangers. Aucun ne pouvait rebuter les aventuriers intrépides que nous étions, pourvu que nous soyons de retour pour l’heure du goûter, évitant ainsi le courroux maternel.
Notre jardin des Hespérides n’était autre que celui de Julia et les pommes d’or, trop symboliques pour nos papilles étaient avantageusement remplacées par de petites poires dont la dureté et l’acidité affûtaient nos jeunes appétits. Elles avaient le seul goût qui pouvait l’emporter sur celui du plus coloré des bonbons: celui de l’interdit.
Nous allions marcher en fille Indienne, dissimulés par le petit mur qui délimitait le verger. De là, nous nous laisserions glisser avec l’agilité du serpent jusqu’à la providentielle ouverture béante du grillage qui n’avait jamais été réparé. Je me demande à présent pourquoi nous nous obstinions à nous écorcher les jambes à passer par là, au milieu des ronces et des orties alors le petit portail était grand ouvert et qu’il l’était resté sans doute depuis de nombreuses années.
Comme j’étais le plus jeune et probablement le moins rapide je ferais le guet.
Pendant que les trois autres ramasseraient toutes les poires qu’ils pourraient, j’observerais la maison et sifflerais pour prévenir de toute intrusion intempestive de la sorcière. Il était convenu que le butin ferait l’objet d’un partage de frères à l’issue de l’opération.
Ma frayeur augmentait à mesure que mes écervelés complices, sans doute électrisés par le trésor, devenaient exubérants et bruyants.
Les yeux fixés sur la fenêtre je vis soudain bouger les rideaux de dentelle. Elle se tenait là, dans l’entrebâillement et moi j’avais omis de prévenir les autres qu’on ne m’avait jamais appris à siffler. Elle me regarda avec bienveillance et le joli sourie qui illuminait son visage m’apprivoisa instantanément. Il y a des sourires qui disent des banalités. Celui-là disait « je t’attendais », « souviens-toi ».
Sans doute honteux d’avoir failli à ma mission je me souviens maintenant n’avoir rien dit à mes acolytes. Mais j’étais assuré d’une chose, c’est que Julia n’était pas une sorcière. A la rigueur une fée capable de resurgir après quarante années d’oubli à la faveur du sourire d’un autre, sur un autre continent. Ils semblent dire tous les deux : « Prends ce que tu peux et donne à ton tour et ne te pose pas trop de questions.»
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Le premier pas à l’intérieur de la très grande salle me transporte au paradis. Imaginez un gosse dans l’usine du père Noël. Une énorme pièce avec des radios à perte de vue. Les plus visibles sont celles qui ornent le dessus des tables évidemment mais je suis pris de vertige lorsque je constate qu’il y un grand nombre de radios tout aussi somptueuses sur les étagères construites sous ces mêmes table. Cela multiplie par deux ou trois le nombre de radios exposées. Lloyd me laisse me remettre de mon éblouissement avant de commencer la visite. Il sera mon guide, et quel guide !
Mon regard est tellement sollicité par des appareils légendaires que j’ai du mal à synchroniser mon regard à la respiration de ses explications. Je le coupe sinon grossièrement, du moins très maladroitement pour lui demander tout de go s’il peut me confirmer qu’il n’a pas d’autres engagements cet après-midi-là. Je voulais savoir si je pouvais engloutir cette féerie à la hâte ou en en y mettant beaucoup de temps, en fin gourmet qui savoure chaque bouchée. Il me rassura immédiatement. « Nous avons tout notre temps, et même davantage », ajoutant que je demanderai grâce le premier. C’est un singulier défi que vous me lancez cher Lloyd.
Il sait mon attachement aux postes des pionniers et c’est donc de beaucoup de gentillesse qu’il fait preuve en me permettant de m’attarder tant et plus dans cette section. « Me permettrai-vous quelques photos ? « Sure, go ahead !»
A chaque explication il soulève le couvercle des radios pour étayer son discours tout en m’encourageant à le faire moi-même comme si j’avais été l’un de ceux qui oeuvrent ici. Il arrive que je connaisse particulièrement bien l’un ou l’autre récepteur et j’ai alors l’immense plaisir d’avoir un véritable échange avec ce merveilleux expert, modeste et prolixe.
Soudain la voici ! Elle sort comme un diable de sa boîte. C’est la petite Aeriola RS qui s’était appelée Radiola RS et produite à un nombre ridicule d’exemplaires aux USA, donc à plus forte raison particulièrement exotique au Canada; celle-là même dont je possède un exemplaire Canadien et pour laquelle j’avais contacté Lloyd Swackhammer initialement..
Elle a agi en parfait catalyseur pour provoquer ma demande, me faire connaître cet homme qui s’amuse à m’observer en ce moment, et enfin paraître devant moi après avoir contracté le temps et l’espace.
Croyez-vous à certains signes ? Ce modèle-là a toujours été mon favori absolu. Il n’y avait cependant pas de raison objective. Un simple amour irraisonné m’avait poussé à l’acquérir en plusieurs exemplaires, signe que je ne suis ni ne serai jamais un collectionneur digne de ce nom. Il manque pour cela à ma panoplie une calculatrice et une stratégie
Lorsqu’on m’a proposé une autre Radiola RS, je n’ai pas refusé d’emblée.
J’aime contempler un nouvel exemplaire. Il n’y en eut que 4700 produites aux USA. Le petit modèle était bien trop classieux par rapport à ce que le grand public demandait. Une adorable petite radio à réaction avec un étage d’amplification n’avait pas besoin d’être en acajou ni de posséder un couvercle qui la faisait ressembler une gracieuse boîte à musique. Nous étions en 1923 et désormais une radio pouvait se permettre de ressembler à une radio… On abandonna donc ce modèle pour produire la sobre et sacrément efficace Radiola III. Celle-là fut vendue à quelques 400.000 exemplaires.
Le modèle qu’on me proposait n’était cependant pas le modèle Américain. A ma grande surprise il était estampillé Canadian Westinghouse.
Mais pourquoi diable s’entêter à produire ce modèle pour le Canada sachant qu’on peut estimer les ventes Canadiennes au le dixième de celles des USA pour un même modèle. Un moment j’avais pensé à un surplus américain écoulé au Canada mais cette explication ne tenait pas. Après examen et comparaisons, avec Joe nous avons constaté que ce n’était pas exactement le même modèle puisque la fréquence devait être légèrement décalée par rapport aux émetteurs Américains.
Produire des pièces spécifiques pour une un marché de 400 exemplaires ? Je n’y croyais pas, Alan Douglas ignorait son existence et Lloyd Swackhammer ne la référençait pas dans son livre. Les rares collectionneurs Canadiens sollicités pensaient à un montage. S’il n’y avait pas eu cette plaque imprimée avec Canadian Westinghouse, Aeriola RS, j’aurais moi aussi cru à une petite supercherie. Mais maintenant j’avais un second exemplaire sous les yeux, et le regard amusé de mon guide…
Chère mademoiselle Radiola RS, lorsque vous me fîtes de l’œil il y a quelques années je fus pris d’un sentiment très doux à votre égard. Je parlai de vous avec tant d’élan que Joe prétendit qu’on avait dû vous créer à mon attention. J’arrivai même à influencer le cher homme qui fit de vous sa préférée lui aussi. Est-ce par ces détours que vous vouliez m’exprimer votre gratitude ?
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La plupart des postes en exposition n’étaient que des icônes vues dans les livres ou objets de ventes prestigieuses. Ils prennent ici une consistance et une réalité particulières puisque je suis invité à les manipuler, chose impensable si je n’avais été le seul visiteur et de plus en compagnie de la plus haute autorité en la matière.
Pendant que je déambule dans le musée je songe aux querelles récentes. Equations, courbes, sentences nauséeuses et définitives sur l’inaptitude de la triode à la réaction et enfin la ferme « recommandation » de discuter technique ou « de dégager ». Après tout ils avaient raison. Leur radio je n’y comprends rien. Selon eux une grosse partie de celles que j’ai sous les yeux ne peut fonctionner de manière satisfaisante.
Ils ont leur radio, la mienne est toute ici et je la partage avec ceux qui sont à mes côtés. Ma radio à moi n’a pour courbes que le galbe élégant de ses formes et celles du cœur. Elle est celle que Lloyd, Noreen et John apprécient et à laquelle ils consacrent une partie de leur vie.
Cette radio-là sent l’acajou et le vieux verni, pas la calculatrice.
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Je suis toujours surpris de constater à quel point les gens que l’on pense les plus graves peuvent parfois faire preuve de beaucoup de facétie. A l’ombre de la Grande Histoire s’épanouissent les petites histoires et mon accompagnateur sait les distiller. Il me fait passer d’un éclat de rire à l’autre.
Nous nous arrêtons devant un petit récepteur qu’il pointe du doigt et qui semble lui rappeler un souvenir amusant. Lorsqu’il fouille sa mémoire il reste immobile un moment et ferme les yeux pendant quelques secondes avant de continuer…
Un jour me confie-t-il, il y a très longtemps, une dame est venue le trouver dans son atelier de réparation avec sous le bras ce modèle. C’était un poste à batteries qui ne comptait guerre plus de quelques composants. Un appareil de très mauvaise qualité prétendait-elle car depuis son achat il a été plus souvent en panne qu’en ordre de fonctionnement. Elle en avait assez que son pauvre mari fut sollicité à chaque caprice de la satanée radio et ne voulait plus mettre à contribution la grande patience du son saint homme après une journée de si rude labeur.
Elle fonctionnait encore parfaitement hier soir et très tôt ce matin avait-elle précisé mais une fois de plus, sans que personne ne sache pourquoi elle reste désespérément muette. Elle parlait de sa radio avec un réel désespoir dans la voix, un peu comme s’il s’était agi d’un malade que l’on confiait aux bons soins d’un médecin.
Lloyd demanda à la dame de lui faire confiance, ajouta qu’il connaissait bien le modèle et qu’il était réputé pour sa robustesse. Sa grande simplicité permettant un dépannage immédiat, il demanda à la cliente de patienter pendant qu’il examinerait la petite malade.
En bon praticien il prit un air grave, opina du chef, se caressa le menton, et posa un docte diagnostique. Madame, dit-il je pense que nous la sauverons. Voyons, dit-il e se dirigeant vers les tiroirs qui contenaient sa réserve de tubes, cette radio fonctionne plutôt bien le soir et le matin, n’est-ce pas ? Assurément, docteur, heu, Monsieur…
Mais seul votre mari est capable de la réparer, n’est-ce pas? Oui, confirma-t-elle, sans doute très impressionné par tant de science.
Madame, dit Lloyd, j’ai trouvé la panne. Il introduisit un tube neuf dans l’emplacement inoccupé et la radio se mit à fonctionner le plus naturellement du monde.
Le mari, retirait systématiquement un tube lorsqu’il quittait le domicile et feignait une difficile réparation le soir. Son infortunée épouse était ainsi privée de radio, sans doute pour éviter l’oisiveté, mère comme chacun sait de tous les vices.
Lorsqu’elle comprit l’odieux stratagème, la dame passa de la confusion à la colère, ce qui offre l’avantage de ne pas avoir à changer de couleur.
Lloyd lui conseilla de ne rien dire à l’égoïste mari et de ne même pas mentionner sa visite à l’atelier. En revanche, il lui remettrait un tube qu’elle glisserait elle-même dans l’emplacement prévu chaque fois qu’elle voudrait écouter son feuilleton favori. Elle n’aurait ensuite qu’à le retirer comme si de rien n’était avant que le mari ne rentre. Elle serait ainsi vengée lorsqu’il se couvrirait de ridicule chaque foi qu’il fera semblant de réparer la radio par ailleurs en excellent état…
Je suis certain que Lloyd racontait cette histoire véridique pour la millième fois. Il l’illustrait d’une multitude de détails qui me la faisait vivre comme si j’en avais été le témoin direct. Je riais de bon cœur et lui en avait les larmes aux yeux et s’appuyait sur mon épaule lorsqu’il répétait qu’il ne savait pas lequel, du mari ou de la femme il plaignais le plus.
En tant que Canadien Anglophone je me suis dit qu’il ne devait pas être familiarisé avec les fables de la Fontaine mais son histoire m’y fit irrésistiblement penser. S’il était né au début du vingtième siècle il aurait certainement pu écrire la fable de « L’ouvrier, son épouse et la TSF ». S’il avait fréquenté mon fils et ses copains il aurait sans aucun doute eu l’audace d’essayer « L’entubeur entubé ». Mais je m’égare…
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Nous riions encore lorsque Noreen vint à notre rencontre. Elle ne savait pas la raison de notre hilarité à laquelle s’était jointe celle de John son mari, très dissipé, mais elle pris le parti de s’amuser de notre amusement.
Excusez-moi dit-elle, mais je voudrais profiter de la présence de Lloyd pour lui demander quelques renseignements à propos de radios qu’on vient de nous apporter. Accompagnez-nous si vous le souhaitez. Même si elle avait été la femme la plus rapide du monde, jamais elle n’aurait eu le temps de répéter la proposition. Avec le plus grand plaisir, répondis-je avant qu’elle ne change d’avis.
Derrière la salle du musée, un bureau partage une grande pièce avec de hautes étagères qui supportent de fort belles radios. Elles attendent d’être rendues présentables aux yeux inquisiteurs des visiteurs de passage. L’ordinateur est désormais l’attribut du parfait conservateur de musée et Noreen le consulte abondamment. Elle demande à Lloyd d’examiner une radio qu’un inconnu avec déposé devant la porte du musée. Le jugement du spécialiste est impitoyable: seuls les tubes ont quelque intérêt. On m’explique que l’on ne peut hélas tout garder, qu’il faut opérer une sélection extrêmement sévère afin d’éviter que le musée ne finisse par ressembler à un marché aux puces. En cela c’est la volonté de Fred que l’on perpétue.
Une énorme malle gît sur le sol. Noreen l’ouvre pour me montrer des centaines de tubes qui viennent d’être donnés au musée par une dame. Elle avait eu la bonne idée de s’en débarrasser de cette manière plutôt que de les jeter. On m’explique alors que le musée établit un document qui donne une valeur approximative de ce qui a été offert afin que le généreux donateur puisse en déduire la valeur de ses impôts.
Constatant que mes questions ne semblent pas la déranger, j’en ose quelques autres. J’apprends ainsi pêle-mêle qu’un bon tiers de tout ce qui est visible dans les collections est le fuit de donations. Le musée dispose en outre d’un budget dont Noreen est la responsable et dont elle doit répondre devant le comité de direction. Elle est mandatée dans différentes ventes. Elle m’explique qu’avec son mari ils s’étaient rendus à la plus grande vente jamais vue de mémoire de collectionneur. Elle semble étonnée que je puisse évoquer le Docteur Muchow… Comme nous retrouvions sur un terrain qui nous fascinait tous les deux, notre discussion était à présent à bâtons rompus. Je trouvais très touchante cette manière qu’elle avait de faire la part des choses.
A la vente Muchow, voyez-vous, j’aurais aimé acheter certaines pièces pour le musée mais certains prix ont simplement atteint des prix indécents me dit-elle. Je vous envie lui avouais-je, j’aurais beaucoup aimé être à cette vente, fusse pendant une heure car plus jamais autant ni d’aussi importantes radios ne seront ressemblées dans un seul et même endroit. Elle confirme tout en me faisant part de du tiraillement entre le coup de foudre et la tempérance qui sied à sa fonction.
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Comme nous discutions longtemps et que je ne cessais de la harceler de questions, Lloyd et John en profitèrent pour déplacer quelques radios dans la grande salle.
J’eus ainsi le grand bonheur de passer un très long moment à écouter cette dame merveilleuse me parler de ses «babies», de son travail, des contraintes et des grandes joies qu’il lui procure. Elle me dit aussi la chance d’avoir un mari qui respecte son dévouement sans qu’il ne fût lui-même un poids mais plutôt un soutien essentiel
Elle peut compter sur les membres de différents clubs qui conjuguent bénévolement leurs efforts afin qu’ils puissent être légitimement fiers d’un patrimoine intimement imbriqué à l’Histoire de leur Pays. Le Canada et Marconi sont en effet liés de manière indéfectible mais il faudrait des centaines de pages comme celle-ci pour faire le tour de ce lien.
J’éprouvai non pas de la gratitude pour ce que Noreen faisait mais plutôt un certain soulagement à me trouver face à quelqu’un qui matérialisait la plus parfaite harmonie entre la personne qu’elle semble être, l’endroit où elle se trouve, ce qu’elle y fait, les gens qui l’entourent, et l’époque dans laquelle elle est ancrée.
Elle dû percevoir la sincérité mon intérêt et ajouta dans un large sourire; « J’ai beaucoup de chance ».
Non dis-je, je ne le pense pas.
C’est le musée qui en a.
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Au-delà des prédispositions évidentes qui étaient les siennes, les raisons profondes qui ont concouru pour que cet homme rassemble quelques 800 radios rarissimes ou exemplaires uniques pour certaines, me sont inconnues. Gageons que lui non plus ne pourrait les expliquer toutes. Il y a à l’origine de tout ce que nous faisons les « bonnes » et les « vraies » raisons. Nous cherchons la légitimité grâce aux premières tandis que les secondes méritent de rester pudiquement secrètes. Elles n’ont du reste qu’une valeur anecdotique. Il m’a suffit d’en constater la spectaculaire manifestation sous cet alignement d’appareils qui doivent leur existence aux chercheurs, ingénieurs, esthètes, commerçants du passé. La colossale énergie et l’inépuisable enthousiasme qu’il a fallu déployer pour qu’elles passent de la table à dessin à ces appareils qui ont donné un nouvel élan à l’humanité ne seraient aujourd’hui qu’un trop lointain souvenir sans les hommes qui comme Fred Hammond et son ami Lloyd ont été les catalyseurs de la merveilleuse vision que j’ai pu contempler.
Lloyd et Noreen me paraissent importants car ils sont au service d’une cause. C’est sans doute parce qu’ils le sont éperdument qu’ils finissent par revêtir l’humilité et la fiabilité d’un outil simple et efficace. Mais surtout que l’on ne s’y trompe pas ; les choses se font jamais toutes seules. Un accomplissement est toujours une histoire de volonté et d’ambition.
Ce qui a de toute évidence prévalu chez Lloyd Swackhammer, c’est son inextinguible besoin de partager et porter sa passion vers les autres. Il l’a fait professionnellement en tant que dépanneur, par devoir durant la guerre, scientifiquement en tant que professeur, bénévolement à travers son club et la présence d’une grande partie de sa collection au musée Hammond, méthodiquement dans son livre, et simplement gentiment, humainement lorsqu’il reçoit un obscur amateur Européen comme moi.
Je songe encore à lui et me convainc sans mal que son plus petit mérite n’est pas de doter notre société, souvent surdiplômée, d’une mémoire dont elle reste parfois dépourvue. Faut-il pour autant ériger une statue à son effigie ? Je ne le pense pas. Les inébranlables monuments et leurs plaques commémoratives me paraissent vaines. Celui que j’ai rencontré est une fois de plus un homme de chair et de sang. Lloyd est son prénom et il m’a offert la joie de le prononcer maintes fois. Un prénom transforme un personnage en être vulnérable mais accessible. Je n’en reviens pas que la vie me fasse de pareils cadeaux. Et je serais impardonnable de les conserver jalousement pour moi seul.
Lloyd, 73 as you say in your “ham family” and God bless.
Georges
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Ecrire après toi Georges frise l'indécence , merci tout simplement pour ce partage de bonheur .
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Merci Jean-Pierre, "partage" et "bonheur" sont en efftet le parfait résumé de ce qui précède. On applique le premier et on multiplie le second. Système et unique équation qui vaillent !
A très bientôt
Georges
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De tsf36 Le 12-11-2006 à 13:22 |
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La saison s’effiloche et les dimanches s’assombrissent. Plus de vide-greniers dominicaux, plus de voyages en chine. Il va falloir attendre des jours meilleurs en restant au coin d’un ordinateur bien chaud.
Merci Georges pour ce beau voyage dans des pays lointains où la main du berrichon moyen ne mettra jamais le pied, merci pour ce beau voyage au pays enchanté de la radio, au pays des mots que tu maîtrises si bien ...
JLF, humble admirateur
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 12-11-2006 à 21:25 |
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je sais pas quoi rajouter ...
Merci en tous cas, l'ami !

J Luc
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Pierre Werlé Le 12-11-2006 à 21:49 |
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Tout simplement sublime, bravo Georges, une petite question, Fred Hammond était-il le manager de la société qui fabriquait les célèbres orgues du même nom. Aaah! Le son Hammond toujours imité mais jamais égalé, un régal pour l'oreille!!!
Quel chance il a le Pacha d'avoir un forum qui compte dans ses rangs des écrivains et des raconteurs d'histoires comme Georges... et bien d'autres également.
Amicalement "Pierrot"
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De André-Yves Le 12-11-2006 à 22:19 |
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Merci Georges,
Me revoici tout juste sorti du commissariat du 17 : Tentative de vol avec effraction dans mon box, voiture intacte mais visitée et surtout ..... ils n'ont pas touché aux quelques 15 postes dont des jolis et aux pièces détachées entreposés dans le fond (dont environ 500 lampes d'avant guerre !!) OUFF .... !!!!! Reste plus qu'à refaire la porte qui ne ferme plus (je ne vous dirai pas ou c'est  ).
Amitiés,
André-Yves
PS : au moins 5 autres véhicules vitres explosées et visités ....
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 12-11-2006 à 22:45 |
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Oui, il en a du pot, le Pacha ... et il en est bien conscient !
Quand on voit les agités du bocal qui squattent par ailleurs ...
    
JL
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Non, Pierre, l'orgue Hammond n'est pas lié à cette famille. Beau son en effet et jolis pieds...
Ceux de Rhoda Scott bien sûr.
Je suis convaincu que Jean-Luc (le pervers, pas l'illustre poète Berrichon), sera d'accord.
Merci à vous tous en tout cas de passer ce petit moment àvec moi.
Amitiés
Georges
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 13-11-2006 à 21:01 |
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"Je suis convaincu que Jean-Luc (le pervers, pas l'illustre poète Berrichon)"
Non mais ça va pas, non ?
Pervers, maintenant ... manquait plus que ça.
Et d'un natif de rhodes, en plus ...
Tu m'attaques de front, maintenant ... tu veux peut être que je raconte ... ?
tu veux ? ....
         
J Luc
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Naooooon, raconte pas. Je ne sais pas ce que tu sais, mais gardes-le pour toi.
Surtout que grâce à toi on sait que dans la quarantaine on est dans la force de l'âge...
Breton ou pas.
Et pis quoi, kestata avec Rhodes. Déjà que le Colosse n'y est plus et qu'il ne reste que moi...
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 13-11-2006 à 21:45 |
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Pierre Werlé Le 15-11-2006 à 23:09 |
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Le Colosse de Rhodes n'a jamais existé, j'y étais deux fois et à chaque fois on m'a dit que c'était une légende, rassures-moi Georges, j'aime tellement rêver ! ! !
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De André-Yves Le 17-11-2006 à 17:45 |
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Depuis que Georges n'y est plus, forcément ...il n'y a plus de colo 
A-Y
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Bonsoir à tous,
Pierre, le Colosse est une réalité historique. Un séisme l'a jeté à terre et les débris de bronze sont restés au sol pendant des siècles avant d'être revendus.
Dans une autre vie j'ai été numismate, spécialisé dans les monnaies de mon île... Je ne suis plus très actif de ce côté-là car je ne sentais pas de présence humaine proche derrière les monnaies. Je possède néanmoins encore et sans doute pour toujours ma collection.
Il est remarquable de constater que le monnayage de la période qui a vu s'ériger le colosse présente un portait d'Hélios (le Dieu soleil, personnifié par le Colosse) extrêmement constant. La raison de cette constance dans la représentation est très simple. Les petits artisans graveurs qui façonnaient les coins servant à frapper les monnaies avaient cette statue colossale représentant le soleil sous les yeux.
D’autre part ils devaient représenter ce même Hélios sur les monnaies Rhodiennes, île alors prospère dans l’économie et les arts. Il est naturel que le portait représenté soit le même que celui de la statue... colossale. A l’origine c’était le portrait d’Alexandre le Grand qui servait de modèle aux monnaies.
Je viens e scanner cette monnaie pour te la montrer. Avec un peu d’imagination c’est le visage du colosse que tu as sous les yeux…
Amitiés
Georges
PS
Il se trouvera bien un esprit chagrin pour me reprocher d’encombrer les fora avec des images qui n’intéressent que moi. Il est vrai que je collectionne moi-même les centaines d’images d’oscilloscope dont il nous gratifie depuis des années. S’il n’est pas content et s’agissant ici de la Grèce, je suggère aimablement qu’il aille s’y montrer auprès des nationaux…
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 17-11-2006 à 23:43 |
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"...S’il n’est pas content et s’agissant ici de la Grèce, je suggère aimablement qu’il aille s’y montrer auprès des nationaux…"
... Ce qui est, à n'en pas douter, une des activités humaines les plus périlleuses que l'on puisse imaginer sur cette planète ......
"Y'en a qui ont essayé ...
... ils ont eu des problèmes ! ... "
(Chevalier et laspales)
   
Mon Cher Georges, cette explication argumentée et étayée sur le colosse est trés plausible.
De quelle époque parlons nous, à la louche ?
(Je sais, c'est simple à verifier sur Wikipédia, mais Wiki ne parle jamais aussi bien que Georges quand un sujet lui tient à coeur ...)
Mais d'ou vient cette inattendue fascination pour les courbes cathodiques ?
   
J Luc
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Salut jeune barbu...
Tout cela se passe aux alentours de 300 av JC (pas Jean-Claude, l'autre...)
Non, pas de fascination particulière pour les courbes cathodiques. A la rigueur les courbes catholiques. C'est un très ancien phantasme... Mais il faut que cela se passe dans les ruines de l'Abbaye de Villers-La-Ville avec de la musique Grégorienne... Ca prendra assurément du temps mais j'ai déjà la musique et les haut parleurs... S'il y avait une nonne miséricordieuse dans votre entourage...
Geores
qui avait pourtant juré de ne plus se lâcher
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 18-11-2006 à 08:19 |
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Ca y est, je sais : ils sont en train de mettre au point une nouvelle limonade aux arômes exotiques, et georges fait bêta-testeur ....
Bon, pour ce qui te preoccupe et pour filer un coup de main ...
J'ai en stock un vieux jésuite lubrique : ça devrait le faire pour les préliminaires.
Je continue à chercher pendant que tu t'échauffes et je te tiens au courant !
J Luc
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 18-11-2006 à 08:23 |
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Cette file est trés marrante, je viens de m'en apercevoir ....
A un bout, on a un poète qui nous raconte des jolies histoire d'humanité et d'amitié profonde, à l'autre bout on a le même, la cravate de travers et la braguette en courant d'air, en train de nous dévoiler ses démons les plus intimes ...
Interessant, tout ça : je le note ....
Jean Luc    
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Damned, je suis découvert.
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 18-11-2006 à 13:33 |
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Yes, damned you are done !

Mais c'est aussi ça qui fait le charme des vrais épicuriens qui se prennent pas la tête, mon cher ...
Etre capable de se mettre "a niveau", c'est a dire, comme on dit dans mon milieu pro, "the right clothes at the right moment".
Souviens toi la première fois que nous nous sommes vus :
(et cette évoquation provoque toujours chez moi la même sollicitation des zygomatiques ...)
Deux minutes environ apres les presentations et la première poignée de mains, nous étions en train de disserter sur les moeurs comparées des différents peuples d'Europe et de justifier les methodes brutales et peu accortes de certaines peuplades du sud de la même Europe ...
Pas vrai ?
  
C'est aussi pour ça que t'es mon pote ! ...
J Luc
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Pierre Werlé Le 18-11-2006 à 18:29 |
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Bien, Georges me voilà rassuré, mais maintenant il va falloir que je retourne une troisième fois à Rhodes pour leur dire que le Colosse a bien existé, il me semble qu'il enjambait l'entrée du port. Je suis parti de là pour aller visiter l'ïle de Symi, voir les pêcheurs d'éponge et figures-toi que j'y ai vu une taverne qui en plus de servir l'ozou... proposait de la choucroute... pas très exotique pour un Alsacien de naissance comme moi.
Je pense que les Grecs anciens devaient connaître le courant alternatif au vu de la chevelure ondulante des déesses gravées dans les roches, mais le courant continu aussi car ils savaient faire de belles lignes droites 
Ces dernières lignes c'était pour garder un rapport avec la radio dans ce message Sinon je vais me faire allumer par le Pacha...
Amicalement "Pierre"
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 18-11-2006 à 18:47 |
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Euh, Pierre ....
... les statues avec de longues chevelures ondulantes et des jolies jupettes avec des crans carrés dans le bas ........
..... c'est des mecs ......
       
Jean Luc, esthète ...
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De tsf36 Le 18-11-2006 à 20:34 |
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Lamentable, ces dérives ...
Que fait le webmaster ?  
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Pierre Werlé Le 19-11-2006 à 18:01 |
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Ah bon ! Y a ça là-bas, tiens je croyais que c'était une légende, mince alors Va falloir que je change de lunettes ! ! !
Oui c'est vrai, mais que fait donc le webmachin....
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 24-02-2007 à 22:25 |
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J'ai enfin compris ! ...
En fait, c'est mon pitrounet qui me spamme le forum pour faire remonter ses propres posts des profondeurs de la base de données ...
Trés trés fort.
On me l'avait encore pas faite, cella la ...
D'ici à ce qu'on découvre qu'il a des parts dans la pharmacie spammeuse, y'a pas des mille nautiques ?
Je suis scié ...
   
Jean Luc
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J'ai bien compris le phénomène Jean-Luc mais alors pourquoi d'en prennent-ils systématiquement à ce texte-là ? Parce qu'il commence en anglais peut-être.
Ton spammeur il semble Italien...
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 25-02-2007 à 00:04 |
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Oui, Georges, ça doit fonctionner par mots clés, et comme le texte est en partie en anglais.
Bof, pas grave, depuis le temps, j'ai affiné les mailles du filtre, et pour un qui passe j'en ai 10 qui restent dans le filtre.
Ne me reste qu'un petit nettoyage de temps en temps, et hop !
Coninue ta jolie prose, et même en Anglais !

Jean Luc
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De ON5MJ Le 25-02-2007 à 00:18 |
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Voila ce que je sais de ce site spammeur.
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De ON5MJ Le 25-02-2007 à 22:54 |
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De ON5MJ Le 25-02-2007 à 22:56 |
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Le Mexique maintenant !
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Registrant FAX Ext.:
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De Le Pacha Le 25-02-2007 à 22:58 |
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alleluia !
C'est enfin la reconnaissance internationale de mon travail ...
Gracias, muchas gracias, senor ...
     
Ben quoi, y'aurait que moi qu'aurait pas le droit de se faire une surchauffe de temps en temps ?
J Luc
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| Sujet : Mes Radiographies: La Chaleur du Nord | De ON5MJ Le 26-02-2007 à 00:40 |
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Tiens un français !
Domain ID:D11391742-LRMS
Domain Name:RADIOMARITIME2.INFO
Merci jacques
Je connais cette base et je ne tiens pas ce que ces renseignements s'etalent partout ...
- JLF
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Je ne sais pas si ça fonctionne, peut-être comme ceci.
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